Où positionner les stocks dans le flux de fabrication ?

Depuis longtemps, le mythe du « zéro stock » est tombé. Cet objectif n’est pas réalisable pour répondre aux demandes de délais courts des clients compte tenu des temps de transformation, de montage et d’approvisionnement. La question vient alors : où positionner les stocks dans le flux de fabrication ? et ensuite, quel est le bon niveau de stock ?
Voici quelques unes des idées directrices qui permettent d’orienter les choix de gestion et qui sont valables dans tout type d’industrie : bois, luxe, métallurgie, biens d’équipement, …

Identifier et différencier les contraintes
Les contraintes du flux amont concernent souvent la transformation de la matière première. Les temps sont souvent importants, les moyens peu flexibles, demandant des réglages longs et complexes. Bien sûr, le SMED permettra de réduire fortement les tailles de lancement, mais celles-ci restent souvent très supérieures aux besoins clients à court terme. La mise en place d’un stock intermédiaire permet de bien séparer les contraintes de chaque flux, de chiffrer les enjeux d’amélioration en terme de réactivité et de valeur de stock au regard des moyens à mettre en place. C’est une première étape qui permettra d’engager des plans d’actions, tout en préservant le service client.

Différentier les produits le plus tard possible
Il est également intéressant de positionner un stock intermédiaire avant le choix entre plusieurs options, ce que l’on appelle la personnalisation retardée. Ce mode de gestion permet de concilier les tailles de lancement dans le flux amont (voir le problème des contraintes ci-dessus), et la livraison de commandes personnalisées, de faibles volumes. Les prévisions commerciales et la gestion de production sont simplifiées. C’est le cas typique des conditionnements, des couleurs, et dans de nombreux cas, de l’assemblage.

Supprimer le stock produits finis
Le positionnement d’un stock intermédiaire pourra permettre de diminuer fortement, voire de supprimer le stock de produits finis dans la mesure où les temps de réponse du flux aval seront compatibles avec le délai client. Et c’est très souvent possible. Les fabrications dans le flux aval sont alors tirées : on sera alors en pièce à pièce ou fabrication (assemblage) à la commande.

La création d’un stock intermédiaire présentera comme tout stock des inconvénients :
– les conditionnements de stockage intermédiaire (pour manipuler les produits dans le flux aval)
– la création d’un niveau supplémentaire dans les nomenclatures, souvent nécessaire et recommandé .

Harmoniser flux physique et modélisation du flux, optimiser
Dans tous les cas, il est préférable de gérer un stock voulu et calculé, reflétant les vrais problèmes et les vraies contraintes de l’entreprise plutôt que de subir un encours « flou », « poussé » au gré des urgences internes et externes.

Une fois les stocks positionnés aux bons endroits du flux, on s’attachera à les gérer au mieux :
– agir sur les contraintes pour réduire ces stocks, voire les supprimer,
– tirer le flux à partir des consommations réelles des clients
– déterminer les bons niveaux de stocks

Denis DE BOISSIEU

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